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Norme SRA chaussures de sécurité : définition et test

Par Rédaction Sosecu
Norme SRA chaussures de sécurité : définition et test

Un sol mouillé, une plaque de graisse en cuisine, un peu de pluie sur du carrelage : la glissade reste l'une des premières causes d'accident du travail. Pour limiter ce risque, les fabricants soumettent leurs semelles à des essais d'adhérence normalisés. Les résultats se traduisent par trois codes que vous avez forcément déjà croisés sur une étiquette : SRA, SRB et SRC. Derrière ces sigles se cache une logique simple, mais encore faut-il savoir ce que chacun teste réellement et dans quel environnement il fait sens. Voici de quoi y voir clair avant votre prochain achat.

Ce que mesurent les codes SRA, SRB et SRC

Le marquage SR signifie Slip Resistance, soit résistance au glissement. Il ne décrit pas une qualité absolue de la semelle, mais le résultat d'un essai mené sur une surface précise, avec un contaminant précis. Trois configurations existent.

SRA : adhérence sur carrelage et eau savonneuse

Le test SRA se déroule sur un sol en carrelage céramique recouvert d'une solution d'eau et de laurylsulfate de sodium (NaLS), un agent savonneux. C'est le scénario typique d'un sol intérieur lisse et mouillé : un hall carrelé, des sanitaires, une zone de production agroalimentaire après nettoyage. On mesure le coefficient de frottement de la semelle lorsqu'elle glisse vers l'avant (talon) puis vers l'arrière (semelle à plat), et la valeur doit dépasser un seuil minimal fixé par la norme.

SRB : adhérence sur acier et glycérine

Le test SRB change de décor. Ici, la semelle est éprouvée sur un sol en acier lisse enduit de glycérine. La glycérine est bien plus glissante que l'eau savonneuse : on cherche à reproduire un environnement industriel huileux, métallique, où le sol peut être recouvert de lubrifiant ou de gras. C'est un essai exigeant qui sépare nettement les bonnes semelles des autres.

SRC : le cumul des deux

Le code SRC n'est pas un troisième test : il indique simplement que la chaussure a réussi à la fois l'essai SRA et l'essai SRB. Une semelle marquée SRC offre donc une adhérence validée sur carrelage savonneux et sur acier huileux. C'est le niveau le plus polyvalent, et de loin le plus répandu sur le marché professionnel aujourd'hui.

Comment les tests d'adhérence sont réalisés

Les essais suivent un protocole encadré qui ne laisse rien au hasard. La chaussure est fixée sur un appareil qui la presse contre le sol contaminé avec une charge donnée, puis la déplace à vitesse constante. Un capteur enregistre la force de frottement, et l'on en déduit le coefficient de friction.

Deux situations sont systématiquement mesurées : le glissement talon en avant (le geste de la marche, quand le pied attaque le sol par le talon) et le glissement à plat, vers l'arrière (le pied qui dérape sous le corps). Pour valider un code, la semelle doit franchir les seuils minimaux dans ces deux configurations. C'est cette double exigence qui rend l'essai réaliste : une semelle peut très bien adhérer dans un sens et déraper dans l'autre.

Il faut garder en tête une limite : ces tests reflètent les performances d'une semelle neuve, en laboratoire. L'usure, l'encrassement des crampons ou un contaminant non prévu (poussière fine, neige fondante, certaines huiles spécifiques) peuvent changer la donne sur le terrain. Le marquage est un repère fiable, pas une garantie de ne jamais glisser.

SRA, SRB ou SRC : lequel choisir selon votre environnement

Le bon choix dépend directement du sol sur lequel vous évoluez chaque jour.

  • Environnements secs ou sols carrelés humides : un marquage SRA suffit. Bureaux techniques, accueil, logistique sur sol lisse, milieux où l'eau est le principal contaminant. Inutile de surpayer une polyvalence dont vous ne profiterez pas.
  • Industrie, mécanique, ateliers gras ou métalliques : visez au minimum le SRB, et idéalement le SRC. Présence d'huiles, de lubrifiants, de copeaux, sols en acier ou en béton lissé : c'est le terrain de jeu du SRB.
  • Cuisines, agroalimentaire, BTP, postes polyvalents : le SRC est le réflexe de bon sens. Vous passez d'un sol carrelé savonneux à une zone grasse dans la même journée, et la chaussure reste performante partout.

En pratique, la quasi-totalité des modèles professionnels sérieux affichent aujourd'hui le SRC. C'est devenu un standard de fait, ce qui simplifie le choix : si vous hésitez, prenez SRC. Pour aller plus loin sur les autres critères (embout, semelle anti-perforation, confort), notre guide comment choisir ses chaussures de sécurité détaille la méthode, et la sélection par métier vous oriente vers les profils adaptés à votre activité.

L'antidérapance dans la norme : où trouver le marquage SR

Les codes SRA, SRB et SRC appartiennent à la grande famille des propriétés additionnelles de la norme EN ISO 20345, celle qui encadre les chaussures de sécurité dotées d'un embout résistant à 200 joules. Ces marquages venaient compléter les classes de protection principales (S1, S2, S3…) en précisant le comportement de la semelle face au glissement.

C'est sur ce point que la révision de 2022 a changé les règles. Auparavant, l'adhérence n'était qu'une option signalée par SRA, SRB ou SRC. Dans la nouvelle version, la résistance au glissement de base est devenue une exigence obligatoire pour la plupart des modèles, et un nouveau marquage SR a été introduit, accompagné de variantes pour les essais spécifiques. Concrètement, les chaussures conformes à la dernière mouture intègrent l'antidérapance dans leur socle, là où l'ancienne logique la traitait comme un supplément.

Cette transition explique pourquoi vous pouvez croiser à la fois d'anciens marquages SRA/SRB/SRC et le nouveau code SR selon l'ancienneté du modèle. Les deux référentiels cohabitent le temps que les stocks s'écoulent. Pour comprendre l'ensemble des évolutions, leur calendrier et leurs conséquences pratiques, consultez notre article dédié à la mise à jour de la norme ISO EN 20345 (2022), ainsi que le guide des normes EN ISO 20345 pour resituer le SR parmi tous les marquages.

En résumé

Retenez l'essentiel : SRA teste l'adhérence sur carrelage et eau savonneuse, SRB sur acier et glycérine, et SRC valide les deux à la fois. Le choix se fait selon votre sol de travail, mais le SRC reste la valeur sûre pour qui veut couvrir un maximum de situations. Et si votre paire affiche désormais un simple SR, c'est qu'elle répond à la norme la plus récente, où l'antidérapance fait partie du cahier des charges et non plus des options. Dans tous les cas, vérifiez l'étiquette avant l'achat : sur un sol glissant, ce petit code fait toute la différence.

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